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Nov 02

La Carte du Tendre numéro 23

La Carte du Tendre
Novembre 2018
Sommaire :

Edito : La philanthropie française à la croisée des chemins
1. L’impact des fondations dans l’aide au développement

2. Pour une philanthropie internationale francophone ambitieuse

3. Aux Etats-Unis, entre augmentation du montant total des dons et baisse du nombre de donateurs petits et moyens

4. Restaurer la réciprocité
 
Edito : La philanthropie française à la croisée des chemins

Cette fin d’année s’annonce comme un moment particulier pour l’ensemble des acteurs de la philanthropie française.
 
La générosité ne s’est jamais portée aussi bien si on se réfère aux montants stratosphériques qui nous parviennent, d’abord des USA, avec plus de 410 milliards de dollars de dons en 2017, également de la Chine avec une accélération de la générosité des Chinois qui pèse déjà plus de 16 milliards de dollars*, et même en France avec une dernière année record de dons en déduction d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) à 274 millions d’euros. On peut aussi se réjouir de l’inscription de nouveaux milliardaires au Giving Pledge.
 
Pourtant, un doute soudain nous assaillit.
 
Comme l’indique Patrick M. Rooney dans son article publié sur le site NonProfit Quarterly, repris dans ces colonnes, l’augmentation du montant total des dons aux USA masque la baisse du nombre de donateurs petits et moyens au profit des grands.
 
En France aussi, le dernier record de dons ISF masque un recul des dons des plus petits contribuables**.
 
Si on resserre la focale, on constate la défection des plus petits revenus compensée en partie par l’augmentation de la moyenne des dons des plus hauts revenus.
 
Mais, en 2018, nous assistons en France à la convergence de facteurs défavorables :
 
– Passage de l’ISF à l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) qui aboutit à une division par deux du « don ISF » des plus hauts patrimoines.
– Erosion, réelle ou ressentie, du pouvoir d’achat des retraités, gros bataillons de donateurs aux grandes causes.
– Prélèvement de l’impôt à la source, qui semble troubler les donateurs.
 
Toute cette instabilité fiscale créée des attitudes, au mieux attentistes, au pire de retrait.
 
Nous saurons début janvier 2019 quel sera le bilan de cette année compliquée.
 
Pour les responsables de tous les organismes faisant appel à la générosité des particuliers et des entreprises, habitués à des croissances qui surperforment depuis des années la croissance économique de notre pays, il devient urgent de ré-interroger le modèle économique de leurs modes de financement.
 
Les pistes leur sont connues :
 
– Renforcer leur approche middle et surtout grands donateurs ;
– Limiter les opérations de mass marketing ;
– Favoriser les libéralités : donations, assurance vie, legs ;
– Muter vers une plus grande digitalisation de leurs collectes.
 
Cette période de mutation va immanquablement redistribuer les cartes, mais le pire n’est pas le plus certain.
 
Antoine Vaccaro,
Président du CerPhi


 
*A titre de comparaison, le panorama des générosités publié par la Fondation de France pour 2015, estime la générosité des Français à 7 milliards d’euros.
**Le seul véritable indicateur de la générosité des Français observé depuis plus de 20 ans concerne les déclarations de revenus des ménages. C’est à cet agrégat que nous faisons référence pour mesurer l’évolution de la générosité des Français. D’autres ressources échappent à cet agrégat comme les micro-dons, les quêtes (faible part) et les legs.
 
L’impact des fondations dans l’aide au développement
Dans cette tribune publiée sur le site de Défis Humanitaires, Antoine Vaccaro, président du CerPhi, revient sur le rapport « La philanthropie privée pour le développement » de l’OCDE qui a porté sur 143 fondations internationales (dont 6 françaises).

Un des faits marquants de cette étude est le poids important des fondations américaines (74% des fonds), en partie grâce à la Fondation Bill et Melinda Gates qui représente à elle seule 49% des fonds totaux.
 
Pour une philanthropie internationale francophone ambitieuse

Charles Sellen, docteur en économie, fait le constat d’une philanthropie francophone peu présente sur la scène internationale, dispersée, et peu valorisée en comparaison avec la philanthropie anglophone.

Il émet plusieurs propositions pour remédier à cette situation et rassembler la grande famille philanthropique francophone.

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Aux Etats-Unis, entre augmentation du montant total des dons et baisse du nombre de donateurs petits et moyens

Patrick M. Rooney, professeur à la Lilly Family School of Philanthropy, alerte sur la baisse, aux Etats-Unis, du nombre de donateurs petits et moyens, et sur une croissance du montant total des dons qui repose de plus en plus sur un nombre restreint de grands donateurs.

L’auteur se demande si cette tendance est une bonne chose pour la philanthropie et pour la société en général, et dans le cas contraire, comment y remédier.

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Restaurer la réciprocité

Organisations à but non lucratif de tous les pays : unissez-vous !

Dans cet article publié sur le site NonProfit Quarterly, Elizabeth A. Castillo, professeure à l’Arizona State University, explique en quoi le secteur à but non lucratif, en mettant en avant ses valeurs de mutualisme et de réciprocité, devrait influencer les entreprises pour contrer les dérives du capitalisme qui menacent la démocratie et la société civile.

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