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Juin 15

Etude « La générosité en temps de crise ». Juin 2011

Dans le cadre de son partenariat avec France générosités[1], le CerPhi a présenté le 16 juin un état des lieux de la collecte des associations et des dons des français, et de leur évolution depuis 2008.

Depuis trois ans malgré la crise économique, on n’observe pas de baisse des dons des Français, mais au contraire une croissance continue.

Les français ont donné 1885 M€ en 2009 aux associations et fondations selon la DGFiP, et l’année 2010 a progressé de 7% selon le baromètre de France générosités.

Les dons par prélèvement automatique représentent un quart de la collecte globale, signe d’une fidélisation importante des donateurs aux causes qui les mobilisent.

Cette croissance n’est pas liée à une augmentation du nombre de foyers donateurs, qui stagne depuis plusieurs années (1 foyer fiscal sur 7 déclare au moins un don dans l’année).

Elle est portée par l’augmentation du don moyen : 354 € par an et par foyer selon la DGFiP (+10% en deux ans), 64€ par acte de don selon le baromètre de France générosités (+13% entre 2009 et 2010).

Ces tendances, constantes depuis plusieurs années sont positives pour les associations, mais ne doivent pas masquer certains signes de fragilisation.

Actuellement les associations parviennent à maintenir leur base de donateurs et à la fidéliser, mais elles ne l’élargissent pas et ne la rajeunissent pas.

La croissance des dons recouvre des réalités très différentes selon les tranches de revenus des donateurs.

En effet l’observation détaillée des données  fait apparaître un pic de dons importants en mai et juin, correspondant à des dons réalisés dans le cadre du dispositif ISF : un dispositif qui ne profite pas à tous les organismes, et dont les modifications apportées à la loi sur l’ISF risque de modifier les résultats dès 2011.

On note une croissance forte des dons des foyers les plus aisés (+12%) mais parallèlement on constate une baisse de 18% des dons des foyers les moins aisés, qui sont les plus touchés par la crise et ont dû renoncer à une partie de leurs dons.

D’un point de vue purement comptable, le « solde » reste positif, mais pour les donateurs concernés, renoncer à un don, ou devoir le diminuer a forcément un coût. Au-delà d’une allocation de moyens, un don est une manifestation du soutien qu’on souhaite apporter à certaines causes et un moyen d’agir. Alors que la société civile montre clairement et partout son besoin de s’exprimer, ceux qui sont déjà les plus pénalisés par la crise, ont également plus de difficultés à profiter de possibilité d’expression et de participation.

Il nous semble nécessaire de prendre en compte ce coût social pour réaliser un vrai bilan de la situation.

 

 

 


 

[1] En 2009, France générosités et le CerPhi ont conclu un partenariat de collaboration sur le suivi annuel de la collecte des associations et des dons des français. Ce suivi s’exerce à partir de deux sources complémentaires : d’une part, les données obtenues auprès de la Direction Générale des Finances Publiques, concernant les dons déclarés par les foyers dans leur déclaration de revenu, d’autre part les informations fournies mensuellement par un panel d’associations et de fondations membres de France générosités sur leur propre collecte.

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