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Jan 31

Les financements innovants des associations et fondations

imageconférencefinancementinnovantsLe 17 décembre 2013 a été restituée une étude qualitative, réalisée par le CerPhi, à l’initiative et avec la contribution de France générosités, du Crédit Coopératif et de l’Association Française des Fundraisers. Vous avez été très nombreux à assister à cet événement au siège du Crédit Coopératif. En voici un bref compte-rendu pour ceux qui n’ont pas pu y participer.

Il s’agissait de réaliser un premier état des lieux de l’innovation dans le domaine de la collecte de fonds, pour fournir au secteur des éléments de réponse aux nombreuses interrogations qui surgissent : Que recouvrent ces nouvelles approches, notamment du don financier, pour les associations et fondations ? Certaines d’entre elles apparaissent-elles comme prioritaires ? Comment favoriser l’innovation en matière de financement des causes solidaires ?

A la suite de la présentation de l’Etude sur les financements innovants par Chris OLIVIER (CerPhi), une table ronde a été animée par Jean-Marc PAUTRAS (Crédit Coopératif) qui réunissait plusieurs acteurs de ces financements innovants.

Parmi eux, Antoine VACCARO (CerPhi, FundraisingLab) a rappelé que le secteur de la collecte de fonds a été bousculé par plusieurs vagues d’innovations ces quarante dernières années. Les plus anciennes étaient véritablement « artisanales », comme cette émission télévisée en 1970 où les téléspectateurs avaient été invités par Pierre Bellemare à éteindre leur poste de TV pendant 2 minutes et où le nombre de promesses de don fut calculé à partir de la chute de consommation électrique mesurée par EDF. Plus récemment, le grand public a découvert le street-fundraising (collecte de rue par adhésion au prélèvement automatique). Mais de nouveaux outils émergent actuellement, que l’on peut répartir en deux grandes familles. Il y a d’une part la générosité embarquée (« embedded generosity ») qui s’intègre aux transactions quotidiennes et où le don est quasiment « indolore », comme dans le cas de l’arrondi solidaire. Il y a d’autre part la logique du financement participatif (« crowdfunding ») et plus généralement tout ce qui transite par les réseaux sociaux. L’objectif est ici de coupler le don à la mobilisation, en soutenant des projets plutôt que des organismes. Cet univers connaît un bouillonnement mais on ne dispose pas encore de chiffres précis…

Ghislain GARDARIN, Responsable du développement chez Greenpeace France, a rappelé que Greenpeace, refusant les subventions d’Etats et les dons d’entreprises, se fonde sur le principe d’un financement exclusif par ses membres (des particuliers adhérents). L’association a, en quelque sorte, inventé le principe du « street fundraising » lorsqu’en 1998, en Autriche, des collecteurs en porte-à-porte ont eu l’idée d’aborder les passants dans des lieux publics. Il rappelle d’ailleurs que la branche irlandaise a été contrainte de mettre un terme à ses activités, faute d’avoir pu trouver un « modèle économique » viable.

Valérie DAHER (ACF Développement) indique que le monde associatif a dépassé en 2011 la barre des 51% de financements privés et qu’il se trouve par conséquent « obligé » d’innover pour garantir sa pérennité. Elle rappelle qu’ACF Développement a toujours consacré une partie de son budget (autour de 1% de la collecte) à la R&D dans cette optique. En 2003, cela a abouti par exemple à la possibilité de collecter des titres restaurant (opération « Je déj, Je donne »). Elle incite les acteurs de la collecte à surveiller les travaux de l’International Fundraising Congress où les ONG du monde entier viennent présenter leurs innovations.

Benoît GRANGER (Association Financement Participatif France) explique que les pouvoirs publics se préparent à fixer des règles pour encadrer et favoriser le développement de ces nouveaux financements. Il souligne que les coûts de transaction du « crowdfunding » sont bien moindres que pour les méthodes plus traditionnelles. Il indique également que ce nouveau moyen permet d’instaurer un contre-don et de faire naître par là une « e-confiance », c’est-à-dire un lien virtuel avec les donateurs et les soutiens, qui se prolonge dans le monde réel. Il rappelle enfin que l’univers numérique où l’information circule instantanément contient en lui-même un garde-fou qui peut jouer un rôle d’autorégulation, dans la mesure où toute dérive ou pratique malhonnête serait immédiatement sanctionnée par le discrédit de ses auteurs.

Les intervenants s’accordent sur le fait qu’on s’achemine vers une hybridation des canaux de collecte, mobilisant les méthodes les plus innovantes sans abandonner les plus traditionnelles.

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