Le Cerphi

Le premier institut d’étude et de recherche français dédié depuis 2004 à l’étude de la philanthropie.

Notre expertise concerne tous les domaines de la philanthropie : marketing et communication des associations et des fondations / anticipation des tendances / innovation en fundraising / sociologie de la solidarité.

Au croisement de ces études et recherches, nous entretenons une réflexion permanente sur les évolutions de la philanthropie et ses impacts sur le tissu social.

Juil 26

Le CerPhi dans les médias – Philanthropie : cartographie des fondations françaises agissant en faveur du développement international – Un article d’Antoine Vaccaro sur le site Défis Humanitaires

Dans cet article publié sur le site Défis Humanitaires, Antoine Vaccaro, président du CerPhi, revient sur l’étude « Cartographie des fondations françaises agissant en faveur du développement international » réalisée en partenariat avec l’Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France. Il en analyse les enseignements principaux, qu’il met en perspective avec l’action philanthropique internationale des fondations américaines et britanniques.

(…) Les fondations philanthropiques peuvent changer la face du monde et leurs interventions sont parfois décisives mais dans l’aide au développement, à l’exception de la plus en plus décriée Fondation Gates, nous sommes loin du compte.

C’est d’ailleurs une réelle question de style et de méthodes des fondations anglo-américaines qui grâce à leurs visions prophétiques et leur puissance ont montré, depuis des décennies, leur pouvoir d’influence.

Les fondations Rockefeller, Carnegie, Ford, plus récemment Soros, et bien sûr encore Gates ont, par la puissance et les alliances qu’elles sont capables de nouer, infléchi des pans entiers de secteurs économiques et sociaux :

– révolution verte en Inde,
– sécurité sociale en France,
– enseignement supérieur en Afrique,
– et plus récemment, éradication de maladies épidémiques.

Peu de fondations d’Europe continentale et françaises, notamment, ont montré de telles capacités, puissance et collaboration. (…)

Lire l’intégralité de l’article

Source : https://defishumanitaires.com/

Juil 23

Le CerPhi dans les médias – « De grands patrons si généreux », de Cynthia Illouz

De grands patrons si généreux – Lumière sur le mécénat (NightForGood Editions, mai 2019) a été publié par Cynthia Illouz suite à l’incendie de Notre-Dame de Paris, à la somme colossale promise pour sa reconstruction et la polémique qui a suivi sur cette mobilisation importante mise en rapport avec la difficulté à collecter des fonds pour des causes comme la pauvreté ou l’environnement. Pour dépasser la polémique et comprendre les enjeux sous-jacents, Cynthia Illouz revient sur l’histoire de la philanthropie et analyse les pratiques de mécénat d’entreprise, notamment dans le secteur du luxe.

Elle fait intervenir dans son ouvrage plusieurs spécialistes du domaine, dont Antoine Vaccaro, président du CerPhi, sur la question de l’attaque des grandes fortunes après les promesses de dons colossales pour Notre-Dame, interrogeant la différence avec les pays anglo-saxons, la place de la philanthropie en France et l’impact éventuel de cet événement.

Cynthia Illouz est experte en mécénat et fondatrice du Media CHARI-T dédié au mécénat social, environnemental et culturel. Membre de la Chaire Marques & Valeurs à l’IAE de Paris, elle a soutenu sa thèse de doctorat sur la motivation des dirigeants à faire du mécénat à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle enseigne le mécénat ou l’entrepreneuriat social, à l’EDC Paris Business School et à Sup de luxe.

De grands patrons si généreux – Lumière sur le mécénat. Cynthia ILLOUZ. NightForGood Editions, Mai 2019.

Juil 18

Etudes CerPhi – Cartographie des fondations françaises agissant en faveur du développement international

Réalisée par le CerPhi en partenariat avec l’Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France, pour le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, cette étude avait pour objectif d’établir une cartographie géographique et statistique de l’aide au développement apportée par les fondations françaises.

Cette étude repose sur une enquête menée auprès des fondations actives dans le domaine de l’aide au développement et fait suite à une précédente étude réalisée en 2018 par l’OCDE intitulée « La philanthropie privée pour le développement ».

L’appui de l’Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France a été majeur pour établir l’échantillon de l’enquête. Sur un fichier de 5 300 fondations et fonds de dotation français, un total de 165 fondations et fonds de dotation ont pu être identifiés comme actifs dans le domaine de l’aide internationale (soit 4,7% des fondations et 2,8% des fonds de dotation). Sur une population cible de 165 fondations et fonds de dotation, 35 ont répondu à l’enquête et rentrent dans les critères pour faire partie de l’étude.

L’aide internationale distribuée par les fondations ayant participé à l’enquête représente au total 13,9 millions d’euros, tous pays confondus, soit environ 400 000 euros en moyenne par fondation. Près de 50 pays ont été indiqués comme recevant de l’aide, en majorité situés en Afrique (47,5%), en Asie (27%) et au Moyen Orient (11%). Au sein de ces régions, les pays qui apparaissent comme destinations prioritaires de l’aide sont ceux où l’influence française est historiquement et culturellement forte.

Les secteurs d’intervention recouvrent largement les principaux objectifs de développement durable tels qu’ils ont été définis par l’accord de 2015 : éducation, santé, accès à l’emploi, réduction des inégalités, lutte contre le changement climatique, accès à l’eau et à l’assainissement, recours aux énergies renouvelables, égalité des sexes, notamment.

Pour ce qui concerne les caractéristiques des actions d’aide au développement :

  • 3/4 des fondations interrogées soutiennent des organisations non gouvernementales.
  • Le soutien prend la forme de subventions dans 3/4 des cas. 1 fondation sur 6 distribue des prix ou récompenses. 1 fondation sur 4 offre un soutien non-financier sous forme d’accès à des réseaux et de conseils stratégiques.
  • Pour 3 fondations sur 4, le soutien apporté est accordé sur la base de projets.

Concernant les modalités de fonctionnement :

  • La manière de sélectionner les projets qui seront soutenus semble en cours de structuration dans les fondations et fonds de dotation actifs dans le domaine du développement international. 1 sur 5 organise des appels à projets. Les deux tiers sélectionnent les projets selon des méthodes de recherche directe ou en s’appuyant sur des tiers.
  • L’implication dans des partenariats (publics ou privés) reste encore minoritaire.
  • 2/3 des fondations procèdent à une évaluation de leurs actions internationales.

L’étude conclut qu’il s’agit d’un domaine encore modeste dans l’action des fondations et fonds de dotation français : environ 5 % des fondations, et une part encore plus modeste des fonds de dotation, ont une activité dans le domaine de l’aide internationale au développement

Néanmoins, ce domaine d’action est en pleine structuration, avec la mise en place de pratiques rigoureuses pour rechercher et sélectionner les projets qui seront soutenus, pour évaluer les actions menées et pour communiquer de la façon la plus efficace.

Lire l’étude

Juin 18

Veille – « L’art de la fausse générosité », un récit d’investigation sur la Fondation Bill et Melinda Gates, par Lionel Astruc

Au CerPhi, nous nous attachons à relayer les différents débats et courants de pensées actuels sur la philanthropie afin d’enrichir la réflexion dans ce domaine. Nous relayons ici un récit d’investigation, réalisé par Lionel Astruc, dressant un portrait sans concession de la Fondation Bill et Melinda Gates. L’auteur s’est notamment appuyé pour son enquête sur le rapport rédigé en 2016 par l’écrivain, historien et journaliste d’investigation britannique Mark Curtis, « Gated Development: Is the Gates Foundation always a force for good? » Ne niant pas certaines avancées qu’a permis la Fondation, surtout dans le domaine de la santé, Lionel Astruc décrit un fonctionnement en totale contradiction avec l’image idéalisée dont elle bénéficie aujourd’hui, de même que son fondateur.

Lionel Astruc commence par rappeler qui est Bill Gates et dans quel contexte il a créé sa fondation. Bill Gates a constitué son immense fortune (estimée à 90 milliards de dollars en 2018) en s’appropriant, à travers des brevets, des technologies qui appartenaient au bien public puisque développées en open source et donc accessibles gratuitement à tout un chacun auparavant. C’est d’ailleurs grâce à ce savoir partagé qu’il a lui-même pu se former. Bill Gates s’est donc approprié des technologies développées collectivement en déposant des brevets, empêchant ainsi quiconque de continuer à les développer.

Bill Gates décide de créer sa fondation avec sa femme en 2000, à une période où son image s’est fortement détériorée du fait des poursuites judiciaires à l’encontre de Microsoft pour ses pratiques violant les lois de la libre concurrence. Ayant frôlé le démantèlement à l’issue du procès, Microsoft s’en sort grâce à un accord à l’amiable. C’est ainsi que la Fondation Bill et Melinda Gates est créée, à point nommé pour redorer l’image de l’homme d’affaires, qui semble vouloir appliquer à ses activités philanthropiques le même état d’esprit que dans ses activités professionnelles (notons qu’il possède toujours environ 4,5% de Microsoft).

La Fondation Bill et Melinda Gates est aujourd’hui la plus puissante au monde. Avec ses 43,5 milliards de dotation globale et un champ d’action dans plus de 100 pays, elle est devenue un acteur incontournable du développement international. Elle est ainsi le 12ème donateur mondial dans le domaine de l’aide internationale. Cependant, nous ne devrions pas oublier que la dotation très importante de la Fondation provient du succès économique de Microsoft, société passée maître de l’évitement fiscal. La charité de Bill Gates est ainsi financée aux dépens des contribuables.

La technologie comme solution à tous les problèmes, qu’ils soient sociaux ou environnementaux, telle est la philosophie qui commande aux choix de la Fondation. De ce fait, les entreprises qui fournissent ces technologies (laboratoires pharmaceutiques pour les vaccins, entreprises fournissant des semences et des produits agrochimiques pour l’agriculture, etc.) sont favorisées par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Des conflits d’intérêt sont mis en avant par l’auteur car les bénéficiaires des actions de la Fondation ont souvent des liens étroits avec les entreprises financées par le trust associé à la Fondation et dont les dividendes correspondent à l’argent qui est effectivement attribué aux projets subventionnés. Sans parler du fait que comme le pointe l’auteur, « les entreprises qui font fructifier l’argent de la Fondation contribuent largement à la pauvreté, à l’injustice sociale et économique dans le monde ».

Sur les domaines soutenus par la Fondation, Lionel Astruc en développe deux dans son ouvrage pour lesquels les choix effectués posent question : la santé et l’agriculture. La santé car la Fondation a choisi de lutter prioritairement contre des maladies qui nécessitent la diffusion de vaccins, au détriment d’autres pourtant plus meurtrières mais ne nécessitant « que » des campagnes de prévention efficaces, comme la pneumonie, la diarrhée ou la sous-nutrition maternelle et infantile. L’agriculture car la Fondation soutient la « révolution verte », consistant en une conversion généralisée à l’agriculture intensive, modèle provoquant des dégâts aujourd’hui avérés.

Une autre critique faite à la Fondation est l’utilisation de l’argent comme outil de contrôle par des ressources importantes attribuées à la communication (1 milliard de dollars consacrés ces 10 dernières années au département « Représentation et politiques mondiales » de la Fondation, soutien d’organisations médiatiques, de formations de journalistes). Le soutien massif de la Fondation à des laboratoires de recherche intéressant notamment ses domaines d’intervention comme la santé et l’agriculture biaise potentiellement les recherches menées par les acteurs soutenus (des exemples sont donnés dans l’ouvrage).

Enfin, Lionel Astruc dénonce un déni de démocratie quant à l’action de la Fondation Gates car celle-ci n’est soumise à aucun contrôle démocratique alors même que son pouvoir et son influence dans le domaine du développement n’ont rien à envier à ceux des Etats. En tant que fondation privée, elle doit ainsi seulement fournir ses données financières au gouvernement américain afin de conserver son exonération fiscale. « En dépit de son poids sur des décisions essentielles à l’échelle de la planète, les projets et la stratégie de la Fondation Gates ne font l’objet que de peu d’examens indépendants ou formels, et d’aucune analyse critique claire au sein du système officiel d’aide », rappelle l’auteur.

Lionel Astruc nous alerte à travers ce livre sur les dangers du « philanthrocapitalisme » nourri par l’accumulation de richesses de quelques-uns.

Pour aller plus loin :
> L’art de la fausse générosité, de Lionel Astruc (Actes Sud, mars 2019).
> Interview de Lionel Astruc pour WE DEMAIN

Lionel Astruc écrit sur la transition écologique. Il a mené plusieurs enquêtes sur les filières de matières premières, les origines de nos biens de grande consommation et les initiatives pionnières pour transformer la société.

Source : L’art de la fausse générosité, de Lionel Astruc (Actes Sud, mars 2019).

Articles plus anciens «

Voir plus d’éléments