Le Cerphi

Le premier institut d’étude et de recherche français dédié depuis 2004 à l’étude de la philanthropie.

Notre expertise concerne tous les domaines de la philanthropie : marketing et communication des associations et des fondations / anticipation des tendances / innovation en fundraising / sociologie de la solidarité.

Au croisement de ces études et recherches, nous entretenons une réflexion permanente sur les évolutions de la philanthropie et ses impacts sur le tissu social.

Oct 25

Veille – Restaurer la réciprocité : comment le secteur à but non lucratif peut aider le capitalisme à se sauver de lui-même – Un article d’Elizabeth A. Castillo

Organisations à but non lucratif de tous les pays : unissez-vous !

Dans cet article publié sur le site NonProfit Quarterly, Elizabeth A. Castillo* explique en quoi le secteur à but non lucratif devrait influencer les entreprises pour contrer les dérives du capitalisme qui menacent la démocratie et la société civile.

Elle rappelle que, déjà en 1944, l’économiste Karl Polanyi, dans son ouvrage La grande transformation, dénonçait l’enchevêtrement croissant entre Etat et marché, au détriment des intérêts du peuple. À mesure que le capitalisme se développait, il profitait de plus en plus à ceux qui avaient déjà des ressources, souvent au détriment de ceux qui n’en avaient pas.

L’Etat providence et le développement de mouvements sociaux et du secteur à but non lucratif sont venus contrebalancer les effets néfastes du capitalisme mais ces protections sociales se sont érodées avec le temps. Aujourd’hui, le système fonctionne mal et l’auteure en appelle aux organisations à but non lucratif pour protéger les valeurs sociales fondamentales et aider à créer de nouveaux systèmes de protection sociale. Ces organisations offrent en effet un modèle qui permettrait de restaurer la réciprocité dans le commerce.

Alors que les organismes à but non lucratif ont été exhortés au cours des deux dernières décennies à agir davantage comme des entreprises, ce sont désormais les entreprises qui doivent apprendre à davantage fonctionner comme les organismes à but non lucratif, si elles veulent être durables. Ainsi, le commerce doit rétablir la réciprocité au sein du processus d’échange. 

Certaines entreprises ont déjà commencé à intégrer de la réciprocité dans leur fonctionnement, investissant dans des actifs intangibles comme le capital social et intellectuel, et s’inscrivant dans une démarche à long terme. Mais le système actuel ne permet pas à ces entreprises de type mutualiste (par opposition au type parasitaire, qui agit au détriment des autres) de se multiplier car les entreprises parasitaires génèrent plus de profit sur le court terme et achètent un soutien législatif pour continuer de prospérer.

Or, pour l’auteure, l’économie ne peut être durable que si les entreprises s’inscrivent dans la réciprocité plutôt que dans le parasitisme. Le fonctionnement actuel crée toujours plus d’extraction mais pas plus de bien-être.

Les organisations à but non lucratif doivent ainsi montrer la voie pour que les entreprises adoptent des échanges réciproques. L’auteure détermine quatre propositions en ce sens :

  1. Mettre davantage en avant les bases de l’échange à but non lucratif : mutualisme et réciprocité, qui apportent des avantages systémiques pour la société.
  2. Adopter une approche capacitaire (Sen, 2009). L’activation d’un potentiel au niveau micro produit des effets au niveau macroéconomique.
  3. Apprendre à penser de manière dynamique, en prenant en compte plusieurs échelles temporelles et plusieurs niveaux interconnectés (individuel, organisationnel, communautaire, national et mondial).
  4. Reconnaître que les ressources ne se définissent pas uniquement par l’argent : les actifs intangibles (tels que les relations interpersonnelles, le savoir et la réputation) doivent être reconnus comme le principal moteur de la création de valeur dans les entreprises.

L’auteure conclut que ce n’est qu’en rétablissant la réciprocité comme principe économique directeur que nous pourrons assurer la prospérité des siècles à venir.

Les organisations à but non lucratif doivent devenir des donneurs de sens (Corley & Gioia, 2011), aidant le commerce à donner un nouveau sens à ses pratiques d’échange.

*Elizabeth A. Castillo est professeure adjointe en leadership et études interdisciplinaires au sein de l’Arizona State University.

Lire l’article (en anglais)

Source : https://nonprofitquarterly.org/

 

Oct 23

Le CerPhi dans les médias – Depuis sœur Emmanuelle, les plus pauvres n’ont plus de grande voix en France – Un article du Parisien

La lutte contre la pauvreté n’est plus incarnée en France par une figure emblématique. C’est ce que montre un sondage Harris Interactive publié par Le Parisien d’après lequel 53% des Français ne parviennent pas à citer d’eux-mêmes une figure hexagonale incarnant la lutte contre la pauvreté. Parmi les personnes qui parviennent à citer un nom, 19% parlent de l’abbé Pierre et 10% de Coluche.

Les formes d’engagement ne seraient aujourd’hui plus les mêmes. Selon Catherine Alvarez, directrice de l’ONG Asmae-Association sœur Emmanuelle, « la lutte est davantage incarnée par une organisation qu’une personne, elle devient aussi plus longue pour parvenir à ses fins ».

Pour Antoine Vaccaro, président du Centre d’étude et de recherche sur la philanthropie (CerPhi), « l’opinion publique n’a pas encore totalement fait le deuil de l’abbé Pierre et de sœur Emmanuelle. Il y a aujourd’hui beaucoup d’acteurs mobilisés, mais sans le charisme ni la force de communion de ces deux figures qui ont longtemps occupé le terrain émotionnel ».

Par ailleurs, les grandes causes prioritaires auprès de l’opinion publique semblent s’être déplacées, et la lutte contre la précarité n’est plus autant mise en avant qu’auparavant. Ainsi, poursuit Antoine Vaccaro, « c’est, notamment, la recherche médicale qui intéresse les gens. La figure emblématique y est représentée par le chercheur formidable… mais anonyme ».

Mais d’après Jean-François Colosimo, historien des religions, cette pénurie n’est que passagère et la relève devrait émerger de la jeune génération.

Lire l’article

Source : http://www.leparisien.fr/

 

Oct 16

Veille – Pour une philanthropie internationale francophone ambitieuse, une tribune de Charles Sellen

Dans cette tribune publiée sur le site Philanthropy in focus, Charles Sellen* fait le constat d’une philanthropie francophone peu présente sur la scène internationale, dispersée, et peu valorisée en comparaison avec la philanthropie anglophone. Il émet plusieurs propositions pour remédier à cette situation et rassembler la grande famille philanthropique francophone.

« (…) Les espaces francophones ont aujourd’hui besoin de trois stimuli. Premièrement, faire connaître et reconnaître la noblesse de l’engagement en philanthropie, qui provient du terme grec philanthrōpía (amour de l’humanité), exhumé par des penseurs humanistes français injustement oubliés : d’abord redécouvert par un érudit conseiller du roi Charles V le Sage dès le XIVe siècle, puis repris par Fénelon au début du XVIIIe siècle, enfin popularisé par les philosophes des Lumières. Deuxièmement, mettre en relation les acteurs philanthropiques francophones pour internationaliser leurs solutions expérimentées avec succès au niveau local. Troisièmement, faire œuvre d’influence sur la vision que le monde a de la contribution des acteurs privés (individus, familles, fondations, associations, entreprises) au bien commun. Notamment en s’inspirant des Anglophones qui ont une réelle capacité d’entraînement des autres aires linguistiques et culturelles : des milliardaires chinois, russes, indiens, brésiliens ont rejoint le Giving Pledge.

Pour atteindre ces trois objectifs, imaginons un réseau de cellules philanthropiques francophones qui seraient à la fois reliées les unes aux autres et autonomes, afin de préserver et stimuler leur « biodiversité ». Chacune offrirait à la société civile de son pays simultanément : une base de ressources et d’information, un pôle de recherches, un incubateur de projets innovants, un point d’ancrage pour des acteurs souvent isolés, et des opportunités de connexion internationale au sein du maillage. (…) »

*Charles Sellen est docteur en économie (Sciences Po Paris) et conduit depuis 2004 des recherches sur la philanthropie, en France et à l’international.

Lire l’intégralité de la tribune

Source : https://philanthropyinfocus.org/

 

Oct 15

Le CerPhi dans les médias – Antoine Vaccaro revient sur l’étude OCDE « La philanthropie privée pour le développement » – article publié sur le site Défis Humanitaires

Tribune libre : Antoine Vaccaro, président du CerPhi, revient sur le rapport de l’OCDE sur l’impact des fondations dans l’aide au développement.

L’étude OCDE présentée dans les colonnes de Défis Humanitaires, restituée lors de la conférence du 14 septembre dernier au MEAE (Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères), appelle de ma part plusieurs commentaires et réflexions. Tout d’abord félicitons-nous de la réalisation de cette première enquête internationale, qui fait tout de même la part belle aux fondations de la sphère anglo-saxonne, pour ne pas dire américaine.

Sur 140 fondations interrogées, seules 6 françaises ont été interrogées et/ou ont répondu. Le MEAE va contribuer à combler cette lacune prochainement.

Derrière le statut de fondation, il y a évidemment des réalités diverses et notamment les typologies de fondations.

Si les fondations anglo-saxonnes et américaines sont des fondations de dotation de particuliers, en général milliardaires, les fondations du continent européen mixent des fondations de dotation de particuliers et d‘entreprises et des fondations collectrices re-distributrices et opérationnelles.

Ce qui est un distinguo nécessite d’être signalé car il révèle deux grandes modes de servir l’intérêt général. Une voie individuelle et une voie plus collective…., plus démocratique.

Car ce qui frappe, surtout, dans cette étude, c’est l’extraordinaire concentration et le poids (49 %) que représente à elle seule la fondation Bill et Melinda Gates.

Et comme à l’accoutumée, une forme de loi de Pareto se dégage qui montre qu’une vingtaine de fondations représentent 80 % de cette aide. (…)

Lire l’intégralité de l’article sur le site de Défis Humanitaires

https://defishumanitaires.com/

 

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