Le Cerphi

Le premier institut d’étude et de recherche français dédié depuis 2004 à l’étude de la philanthropie.

Notre expertise concerne tous les domaines de la philanthropie : marketing et communication des associations et des fondations / anticipation des tendances / innovation en fundraising / sociologie de la solidarité.

Au croisement de ces études et recherches, nous entretenons une réflexion permanente sur les évolutions de la philanthropie et ses impacts sur le tissu social.

Mar 12

Veille – Actualités du Centre en philanthropie de l’Unige

Créé en 2017, le Centre en philanthropie de l’Université de Genève (Unige) ne manque pas de dynamisme. En voici l’illustration avec du nouveau en matière d’enseignements et de publications.

Enseignements
  • Masterclass 2019 « Fondations : nouvelle(s) génération(s) » : cette formation continue de 3 jours a pour objectif de faire le point sur les évolutions récentes de la philanthropie et leur impact sur les fondations. Elle est organisée en partenariat avec la Swiss Philanthropy Foundation et le Center for Philanthropy Studies de Bâle et se déroulera du 17 au 19 juin 2019. Inscription avant le 8 avril 2019.
  • « La philanthropie et ses principaux enjeux juridiques » (Faculté de droit) : après le succès rencontré lors de sa première édition, cet enseignement, qui est également ouvert au public, sera reconduit de septembre à décembre 2019, tous les jeudis de 16h15 à 18h00.
  • Certificate of Advanced Studies (CAS) « Effective Grant-Making and Management » (Faculté d’économie et Management – GSEM) : cette formation se déroulera de septembre 2019 à mars 2020. Inscription avant le 30 mai 2019.

Pour en savoir plus

Recherche et publications

La revue Expert Focus a consacré l’intégralité de son numéro de mars 2019 à la philanthropie. 21 articles ont ainsi été rédigés, dont les auteurs sont des professeurs, academic fellows du Centre en philanthropie de l’Unige ou praticiens ayant des compétences reconnues dans ce domaine. La revue est téléchargeable sur le site du Centre.

Pour accéder aux publications du Centre en Philanthropie de l’Unige

En savoir plus : https://www.unige.ch/philanthropie/fr/


Mar 05

Veille – Livre « Droit et stratégies de l’action humanitaire »

Paru en décembre 2018 aux éditions Mare et Martin, et écrit sous la direction de Patrick Aeberhard et de Pierre-Olivier Chaumet, cet ouvrage est le résultat de la rencontre entre des acteurs de terrain issus de l’épopée humanitaire et des juristes de la Faculté de droit de Paris 8.

Médecins, journalistes, avocats, politiques, et militaires se sont ainsi retrouvés dans cette université aux idées jugées très souvent « avant-gardistes » afin de débattre du concept de l’accès aux victimes ici et là-bas. A l’origine, leur but était de contribuer au développement des grands axes déjà initiés par les ONG médicales françaises, mais également internationales.


Reconnus en quelques années, ces droits nouveaux ont permis de passer du droit d’ingérence au droit d’accès aux victimes (1988), pour finalement aboutir au concept de la responsabilité de protéger des Nations-Unies (2005). Toutefois, ce droit humanitaire international doit encore et toujours se développer s’il veut devenir plus efficace. Les ONG en ont en grande partie la responsabilité. Espérons que ce livre puisse permettre à de nouvelles générations d’humanitaires de réfléchir à l’amélioration de cette morale de « l’extrême urgence » en associant notamment la santé publique aux droits de la personne.

Patrick Aeberhard, ancien professeur associé de l’université Paris 8, et président de MDM, a participé à la fondation de Médecin sans frontières et de Médecins du monde.
Pierre-Olivier Chaumet est le doyen de la faculté de droit de Paris 8. Maitre de conférences (HDR) en histoire du droit, il est responsable pédagogique du DU « Droit et stratégie de l’action humanitaire : Santé, Urgence, Développement ».

Contributions de Patrick Aeberhard, Pierre-Olivier Chaumet, Axelle Ebode, Bertrand Gallet, Agnès Gautier-Audebert, Abigail Hansen, Véronique Harouel-Bureloup, Sonia Jedidi, Jean-Christophe Klotz, Bernard Kouchner, Pierre Lunel, Jacky Mamou, Kamel Mohanna, Graziella Robert, Emmanuelle Roure-Léoutre, Jean-Pierre Rosenczveig, Francisco Rubio, Philippe Ryfman, Mélanie Samson, Jean-Claude Thomann, Antoine Vaccaro.

« Droit et stratégies de l’action humanitaire », Éditions Mare et Martin : http://www.mareetmartin.com/livre/droit-et-strategies-de-laction-humanitaire

Fév 21

Veille – « Le prix de la démocratie » de Julia Cagé, ou la démocratie capturée par les plus riches

A travers une analyse historique et comparative documentée du financement de la démocratie dans plusieurs pays, Julia Cagé s’interroge dans cet ouvrage sur les risques d’une dérive oligarchique de la politique, d’une augmentation encore plus forte des inégalités et d’un rejet grandissant du personnel politique et des institutions. Ses propos résonnent d’autant plus depuis l’émergence en France du mouvement des gilets jaunes en fin d’année 2018.

Elle décrit d’abord la façon dont les plus riches influencent les élections et les choix politiques, en France notamment, à travers des dons privés aux partis politiques (dons permettant en outre d’obtenir une déduction fiscale), le financement de campagnes électorales, le soutien à des think tanks (qui sont juridiquement pour la plupart des fondations reconnues d’utilité publique), et même pour certains, le rachat de grands médias. Elle démontre ainsi le rôle croissant joué par l’argent dans nos démocraties.

L’auteure analyse également, et c’est ce qui nous intéresse ici plus spécifiquement, le financement privé du bien public à travers la philanthropie. Elle dénonce la capture des choix démocratiques de la majorité par une poignée de philanthropes nouvelle génération (notamment issus de la high-tech) qui pensent être plus à même que l’Etat de décider ce qui est bon pour tous. Le risque est de voir se substituer de manière croissante au financement public de l’intérêt général un financement privé émis par quelques individus fortunés. Julia Cagé va même jusqu’à affirmer que la philanthropie « vient mettre en péril les principes fondamentaux qui devraient sous-tendre le fonctionnement de toute véritable démocratie. » Elle donne l’exemple des Etats-Unis, pays où la capture de l’intérêt général par des philanthropes – qui par ailleurs expriment un refus de l’impôt – a pris une très grande ampleur.

Elle développe aussi une partie sur ce qu’elle appelle « la face cachée de la philanthropie », ou comment à travers des stratégies de défiscalisation, l’argent public sert à financer des intérêts privés, par le biais de fondations et fonds de dotation, en France comme dans d‘autres pays, et notamment aux Etats-Unis (elle donne l’exemple de la Chan-Zuckerberg Initiative). Et ces stratégies de défiscalisation supplanteraient la volonté d’être généreux si on se réfère à la baisse des dons qui a pu être observée en 2018 suite à la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en France.

Se référant à un ouvrage de Robert Reich, Chiara Cordelli et Lucy Bernholz que nous avons déjà cité dans nos colonnes (http://www.cerphi.org/veille/veille-les-hommes-providentiels-un-article-publie-sur-le-site-la-vie-des-idees/), Julia Cagé va jusqu’à poser la question de la compatibilité entre l’idée même de philanthropie et la démocratie, puisqu’elle ne porterait que la voix de quelques citoyens privilégiés au détriment de l’expression du plus grand nombre. La philanthropie serait aujourd’hui un pouvoir, celui de l’argent. Précisons que pour l’auteure, la philanthropie semble ne concerner que les très grands donateurs, la générosité des « petits » donateurs n’étant pas évoquée, ce qui peut être relevé comme une limite de son propos sur ce sujet.

Selon elle, c’est dans un Etat pleinement fonctionnel, où les plus riches paient des impôts dont le montant et l’utilisation sont débattus au Parlement, que les biens et services publics sont délivrés dans l’intérêt du plus grand nombre.

Dans la dernière partie de son livre, Julia Cagé fait trois propositions principales pour que nous puissions tendre à nouveau vers le principe « une personne, une voix », à la base de la démocratie :

  1. Mettre en place un nouveau modèle de financement public des partis et mouvements politiques et des campagnes électorales : les Bons pour l’égalité démocratique (BED), qui permettraient d’établir une égale représentation des préférences privées (contribution publique identique de tous les citoyens au mouvement ou parti politique de leur choix).
  2. Limiter de manière beaucoup plus importante les contributions aux partis politiques et aux campagnes, ainsi que les dépenses électorales. Concernant les dons privés des particuliers, sa proposition est de les limiter à 200 euros par citoyen et par an afin d’égaliser le poids politique de chaque personne.
  3. Instituer une Assemblée mixte afin d’assurer une meilleure représentativité sociale des députés à l’Assemblée nationale et remédier à la sous-représentation actuelle des classes populaires. Avec cette proposition, un tiers des sièges à l’Assemblée nationale seraient réservés à des « représentants sociaux » élus à la proportionnelle sur des listes en correspondance avec le paysage socioprofessionnel français.

Le prix de la démocratie, Julia Cagé (Fayard, 2018)
Julia Cagé est professeure d’économie à Sciences Po Paris

En savoir plus sur le livre : http://www.leprixdelademocratie.fr/

Fév 12

Le CerPhi dans les médias – Interview d’Antoine Vaccaro par la FMSH

A l’occasion de la sortie du livre de Fabrice Jaumont « Partenaires inégaux » (Éditions de la FMSH), la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) a interviewé Antoine Vaccaro, président du CerPhi, sur sa vision de la philanthropie aujourd’hui.

Parmi les questions qui lui ont été posées :

  • La philanthropie a-t-elle évolué ces dernières années ?
  • La philanthropie est-ce vraiment utile ?
  • Qu’est-ce que le « devoir d’ingérence positive » ?
  • Y a-t-il un modèle anglophone/francophone de philanthropie ?
  • Les Français sont-ils généreux ?

> Voir l’interview

Copyright photo : FMSH 2018

Articles plus anciens «

Voir plus d’éléments