Le Cerphi

Le premier institut d’étude et de recherche français dédié depuis 2004 à l’étude de la philanthropie.

Notre expertise concerne tous les domaines de la philanthropie : marketing et communication des associations et des fondations / anticipation des tendances / innovation en fundraising / sociologie de la solidarité.

Au croisement de ces études et recherches, nous entretenons une réflexion permanente sur les évolutions de la philanthropie et ses impacts sur le tissu social.

Nov 30

Veille – Etude France Générosités sur le donateur du futur

France GénérositéDans le contexte de sa campagne annuelle d’incitation au don #Donnerfaitdubien, France Générosités publie les résultats de son enquête Ifop sur le profil du donateur du futur.

Cette étude donne un éclairage sur les nouvelles façons de donner (dons par SMS, via les réseaux sociaux, dons gratuits, micro-dons…) et sur les pratiques des 18-35 ans en matière de don.

67% d’entre eux déclarent avoir déjà fait un don à une association ou à une fondation et 24% d’entre eux disent donner plusieurs fois par an. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les jeunes méconnaissent les nouvelles formes de dons et sont peu nombreux à les utiliser. Plus d’information et de pédagogie sur ce sujet semblent donc nécessaires.

Plusieurs propositions innovantes telles que le don via les jeux en ligne, le crowdfunding ou la crypto-monnaie émergent également de cette enquête, mais sont encore perçues comme futuristes par 29% des jeunes donateurs.

Source : http://www.francegenerosites.org/

Pour en savoir plus

 

Nov 30

Veille – World Giving Index 2018

Charities Aid Foundation (CAF) a publié son « World Giving Index 2018 » sur les chiffres de la générosité dans le monde.

Le World Giving Index mesure le pourcentage moyen de donateurs (dons d’argent), de bénévoles et de personnes portant assistance à des inconnus dans chaque pays. En 2017, 146 pays ont été évalués.

Parmi les principaux enseignements de cette étude :

  • L’Indonésie prend la tête du classement pour la première fois, suivie par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis. Le Myanmar, premier pendant quatre années consécutives, a chuté à la 9ème position.
  • Un nombre significativement plus important de personnes a fait du bénévolat et porté assistance à des inconnus à travers la planète, mais la proportion de donateurs a quant à elle diminué pour la deuxième année consécutive. Le nombre de personnes faisant des dons d’argent a augmenté dans les pays développés, mais est en baisse dans les pays en voie de développement. Les dons provenant des personnes âgées ont diminué.
  • Par rapport à 2017, les 20 pays occidentaux les plus développés ont vu leurs trois scores s’améliorer, et en particulier les dons d’argent et l’assistance à des inconnus, retrouvant des scores proches d’avant 2016.
  • L’écart de générosité entre les continents a tendance à se rétrécir ces dernières années.
  • La France se place en 72ème position (67ème en 2017).

Source : https://www.cafonline.org/

Lire les résultats complets

 

Nov 14

Le CerPhi dans les médias – Le boum de la philanthropie, par Antoine Vaccaro


Dans cet article publié sur le site CAIRN.INFO, Antoine Vaccaro, président du CerPhi, retrace l’évolution récente de la philanthropie
, de l’émergence du marketing social en France dans les années 70, concernant une multitude de donateurs issus notamment de la classe moyenne, vers une philanthropie de plus en plus entre les mains de quelques donateurs milliardaires, sorte de despotes éclairés choisissant les causes qu’ils souhaitent soutenir. Cette évolution se déroule dans un contexte d’inégalités grandissantes et d’une certaine incapacité de l’Etat-providence à redistribuer les richesses et à gérer les problèmes sociaux qui se posent.


Résumé :

À la suite des États-Unis, où le don a été façonné par les milliardaires comme produit financier de rêve et acte de satisfaction morale, les classes moyennes françaises donnent de plus en plus à des associations d’intérêt général. Le financement privé par le mécénat populaire connaît un véritable succès de marketing, que l’on peut qualifier de « marketing social ». Mais, parallèlement au développement du mouvement associatif, on assiste, depuis les années 90, à l’émergence de nouveaux samaritains, véritables despotes éclairés : les fondations. À côté des donateurs charitables de la société civile, le donateur philanthropique se positionne entre l’action de l’État-providence et les organismes paritaires chargés de porter l’intérêt général. Leur puissance leur permet de redéfinir cet intérêt général à leur profit. Le boum de la philanthropie est donc lié à une certaine incapacité de l’État-providence, grand redistributeur central, à étendre sa couverture à tous les citoyens, et surtout, aux causes lointaines. Un avenir radieux est donc promis à la philanthropie.

Télécharger l’article sur le site CAIRN.INFO

 

Oct 25

Veille – Restaurer la réciprocité : comment le secteur à but non lucratif peut aider le capitalisme à se sauver de lui-même – Un article d’Elizabeth A. Castillo

Organisations à but non lucratif de tous les pays : unissez-vous !

Dans cet article publié sur le site NonProfit Quarterly, Elizabeth A. Castillo* explique en quoi le secteur à but non lucratif devrait influencer les entreprises pour contrer les dérives du capitalisme qui menacent la démocratie et la société civile.

Elle rappelle que, déjà en 1944, l’économiste Karl Polanyi, dans son ouvrage La grande transformation, dénonçait l’enchevêtrement croissant entre Etat et marché, au détriment des intérêts du peuple. À mesure que le capitalisme se développait, il profitait de plus en plus à ceux qui avaient déjà des ressources, souvent au détriment de ceux qui n’en avaient pas.

L’Etat providence et le développement de mouvements sociaux et du secteur à but non lucratif sont venus contrebalancer les effets néfastes du capitalisme mais ces protections sociales se sont érodées avec le temps. Aujourd’hui, le système fonctionne mal et l’auteure en appelle aux organisations à but non lucratif pour protéger les valeurs sociales fondamentales et aider à créer de nouveaux systèmes de protection sociale. Ces organisations offrent en effet un modèle qui permettrait de restaurer la réciprocité dans le commerce.

Alors que les organismes à but non lucratif ont été exhortés au cours des deux dernières décennies à agir davantage comme des entreprises, ce sont désormais les entreprises qui doivent apprendre à davantage fonctionner comme les organismes à but non lucratif, si elles veulent être durables. Ainsi, le commerce doit rétablir la réciprocité au sein du processus d’échange. 

Certaines entreprises ont déjà commencé à intégrer de la réciprocité dans leur fonctionnement, investissant dans des actifs intangibles comme le capital social et intellectuel, et s’inscrivant dans une démarche à long terme. Mais le système actuel ne permet pas à ces entreprises de type mutualiste (par opposition au type parasitaire, qui agit au détriment des autres) de se multiplier car les entreprises parasitaires génèrent plus de profit sur le court terme et achètent un soutien législatif pour continuer de prospérer.

Or, pour l’auteure, l’économie ne peut être durable que si les entreprises s’inscrivent dans la réciprocité plutôt que dans le parasitisme. Le fonctionnement actuel crée toujours plus d’extraction mais pas plus de bien-être.

Les organisations à but non lucratif doivent ainsi montrer la voie pour que les entreprises adoptent des échanges réciproques. L’auteure détermine quatre propositions en ce sens :

  1. Mettre davantage en avant les bases de l’échange à but non lucratif : mutualisme et réciprocité, qui apportent des avantages systémiques pour la société.
  2. Adopter une approche capacitaire (Sen, 2009). L’activation d’un potentiel au niveau micro produit des effets au niveau macroéconomique.
  3. Apprendre à penser de manière dynamique, en prenant en compte plusieurs échelles temporelles et plusieurs niveaux interconnectés (individuel, organisationnel, communautaire, national et mondial).
  4. Reconnaître que les ressources ne se définissent pas uniquement par l’argent : les actifs intangibles (tels que les relations interpersonnelles, le savoir et la réputation) doivent être reconnus comme le principal moteur de la création de valeur dans les entreprises.

L’auteure conclut que ce n’est qu’en rétablissant la réciprocité comme principe économique directeur que nous pourrons assurer la prospérité des siècles à venir.

Les organisations à but non lucratif doivent devenir des donneurs de sens (Corley & Gioia, 2011), aidant le commerce à donner un nouveau sens à ses pratiques d’échange.

*Elizabeth A. Castillo est professeure adjointe en leadership et études interdisciplinaires au sein de l’Arizona State University.

Lire l’article (en anglais)

Source : https://nonprofitquarterly.org/

 

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